The Last of us
The Last of us

Sculpteur

Nadine DEBAY

Nadine Debay, née le 20 août 1963 est sculpteur autodidacte. Elle vit entre Paris, L'Ariège et le Burkina Faso. Avide d'impressions et de contrastes c'est une passionnée de nature et de voyages. Elle provoque le destin comme elle provoque la matière, poussée à s'aventurer vers les mystères de l'homme et de la vie, pour transcrire dans ses créations un monde d'espoir et d'amour.

...C'est l'année de mes 27 ans que je découvre la sculpture. Je cherchais alors un moyen d'expression de mes sentiments intérieurs à travers la musique et la photographie, mais ma rencontre avec l'argile et le champs d'autonomie que procure le modelage, vont bouleverser ma vie.

 

Tout à coup mon existence prend un sens. Mon corps et mon âme vibrent au contact de la matière primordiale qui devient le creuset de mon inspiration. La texture, docile, fluide, sensuelle de la terre, offre une réconciliation à nos origines, une rencontre intime avec le monde de la création.

 

Chacune de mes sculptures est une démarche vers cet inconnu. Ne sachant jamais où vais-je aboutir, je me perds volontiers dans l'irrationnel. Oubliant le passé, esquivant le futur, je m'abandonne à l'instant, me confonds à la matière, me laissant guider par elle vers une nouvelle forme qui prend vie.
Là, un immense univers appelé Liberté s'ouvre à moi. Ce qu'il se passe ensuite, relève de l'alchimie.

 

De la transformation des éléments par le feu originel, naîtront mes sculptures en bronze, savant alliage de cuivre, de zinc et d'étain, ouvrant ainsi la porte sur l'éternité. Peut être une façon de sourire à la mort, de frôler l'infini. Mais ce qui importe, c'est le présent, la vie en mouvement, la volonté de dire, d'entendre, de faire, d'aimer, d'oublier, celle d'être ce que nous sommes pour cultiver la Paix car elle seule peut nous rendre libre.

 

Je mène ma quête de l'harmonie à mon échelle, cherchant à réorganiser le chaos par des silhouettes énigmatiques aux formes apaisantes,messagères de l'au-delà, symboles de sérénité et d'amour.

Chacun est porteur d'un mode d'expression privilégié qu'il est essentiel de découvrir, afin d'ouvrir les portes de notre imaginaire et de contribuer ainsi à une tentative d'évolution vers un monde meilleur.

Depuis l’aube de l’humanité, ou presque, Dieux et Déesses, gardiens et prêtresses, anges et démons, esprits des morts, et autres présences invisibles,
peuplent les croyances de l’homme. Les mythes et légendes racontent la naissance du monde, des peuples anciens et de leurs coutumes, au temps où l’homme se battait pour sa survie, en harmonie et en respect des cycles de la Grande Nature.

La vie que je partage avec des forgerons bronziers du Burkina Faso depuis 1999 m’incite à chercher le fil de l’essentiel. Explorer les contes et mythologies
de différentes cultures, tenter de mieux comprendre les mystères de la vie, de l’amour, et, de la difficulté de l’être à trouver son équilibre.

L’homme continue sa quête de l’absolu, matérielle ou spirituelle pour apaiser ses contradictions et surmonter ses peurs.

Pourquoi s’enferme-t-il dans un dogme lorsqu’il a le choix de rester libre de ses pensées et responsable de ses actes ?

J’aime penser qu’il y a un autre monde invisible et que nous sommes de passage sur cette terre pour un court instant de vie. Peut-être cela me rassure-t-il ? Peut-être qu’ainsi je n’ai pas peur de la mort. Peut-être aussi que je me sens moins seule, mais reliée à un tout, au cosmos tout entier, qui à travers la sculpture me guide vers l’histoire de l’humanité qui arrive, et qui je l’espère, sera plus sereine, plus stable et plus respectueuse de notre Terre.

Je dialogue avec la sculpture depuis 1990, et tente toujours d’exprimer dans mes silhouettes venues d’ailleurs, la beauté, la joie, la sérénité, la complicité, et j’en oublie, tous ces sentiments dont nous avons besoin pour rester en Paix.